EXPOSITION RÉALISÉE PAR LES ÉLÈVES DES CLASSES DE TROISIÈME DU COLLÈGE DU PAYS DE BIDACHE
ANNÉE SCOLAIRE 2013-2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES SOLDATS BIDACHOTS MORTS
PENDANT LA GRANDE GUERRE
1914-1918

La mobilisation
Les soldats bidachots à l'état civil

Le 1er août 1914, l’Allemagne mobilise et déclare la guerre à la Russie. En France, le gouvernement décrète la mobilisation générale le 2 août 1914Depuis Paris, l’ordre est télégraphié aux préfectures.  Les églises du pays sonnent le toscin.  

Les gendarmes sillonnent les villages éloignés et les hameaux pour informer la population. L’affiche de mobilisation générale est placardée dans chaque commune. Cette annonce est une véritable surprise pour les ruraux alors qu’en ville la lecture des journaux, qui relaient des nouvelles inquiétantes depuis le début de l’été, a préparé la population à l’idée de la guerre. Chaque homme possède, et garde précieusement, son livret militaire. A l'intérieur se trouve le fascicule de mobilisation. C'est grâce à ce document que chacun sait exactement le lieu et le jour auxquels il doit répondre à l'appel. 

La Mobilisation va durer du 2 au 18 août 1914 : elle correspond au transport, équipement et armement de plus de 3,5 millions d'hommes, puis leur acheminement par voie ferrée essentiellement vers la frontière franco-allemande.
Au total, durant toute la guerre, environ 8 410 000 hommes seront mobilisés, soit 20 % de la population française.

 

Organisation et fonctionnement de la conscription en 1914

Organisation de l'armée de terre française en 1914

Tableau de répartition des classes

Quand et où sont-ils morts?

Quand sont-ils morts ?
Le premier mort de Bidache décède le 14 Août à Lunéville (54): Il 

s’agit de Joseph Andrieu (81 eme RI) qui avait 21 ans (classe 1913 : il faisait son service militaire).
Le dernier « tué à l’ennemi » est Louis Labèguerie (372ème RI), le 28 octobre 1918 à Ochrida (Serbie) "à l'ambulance de colonne

mobile B » des suites de ses blessures.
- Année la plus meurtrière : 1914 avec 28 morts ou disparus
- Mois le plus meurtrier : Septembre 1914 avec 18 morts ou disparus
- Jour le plus meurtrier : 21 septembre 1914 : 6 soldats bidachots moururent ce jour-là.
Où sont-ils morts ?
Voir la Carte du front occidental et la Carte des Bidachots morts à l’étranger.
Age des soldats morts

Le plus jeune s’appelait Léon Chabay, il était né le 14 janvier 1895 à Bidache. Ses parents, Etienne Chabay et Marie Laussade, étaient respectivement tailleur de pierre et couturière. Il résidait à Toulouse et servait au 14ème RI. de Toulouse dans lequel il s’était engagé
volontairement en 1913 pour 3 ans à l’âge de 18 ans. Léon est mort à 19 ans, le 14 septembre 1914 à Vitry-le- François (51). Il repose à la Nécropole Nationale de Vitry-le-François, tombe 1123.
Le plus âgé s’appelait Arnaud Loubet, il était né le 7 mars 1871 à Came et a été « tué à l’ennemi », à 45 ans, le 16 juillet 1916 à Sains-en-Amiénois dans la Somme. Il appartenait au 117ème R.I.T. Il est aussi inscrit au Monument aux Morts de Nîmes.
L’âge moyen des soldats bidachots tués est de 28 ans.

Dans quelles circonstances sont-ils morts ?
D’après les registres de recrutement militaire :
* 53 sont morts au combat (la plupart des morts sont désignés « tué à l’ennemi »), soit 61 %.Parmi ceux-là, certains sont portés disparus.
* 22 sont portés disparus au total, dont 5 en mer (2 sur le Provence II, 1 sur le Bouvet, 1 sur le Longwy et un sur le Joule), soit 25 %.
* 16 sont déclarés morts des suites de leurs blessures, soit 18 %.
* 6 sont morts à la suite de maladie (pneumonie et congestion pulmonaire sont citées pour deux d’entre eux, scarlatine pour un autre). A signaler que l’un d’entre eux est décédé dans un camp de prisonnier en Prusse, à Schneidemühl, situé aujourd'hui en 

Pologne (Pila). 
* 1 est signalé décédé accidentellement d’une balle dans la tête en service commandé dans un poste de police. 

Seuls quatre sont signalés morts à l’arrière (Hôpitaux du Havre, Mire--poix, Châlons-sur-Marne et Nancy).
Quelle était leur affectation ?
(voir le tableau)
Ils étaient engagés pour la grande majorité dans l’infanterie (active, réserve, territoriale): 78 sur 86 soit 90,7 %. 27 d’entre eux avaient leur casernement à Bayonne : 49e RI (2), 249 RI (15) (régiment de réserve du 49e RI : chaque régiment d'active avait reçu l'ordre de se dédoubler en temps de guerre en affectant les réservistes à un nouveau régiment dont le numéro est augmenté de 200 ; ils avaient le même lieu de recrutement et de garnison.), 142e RIT (régiment d’infanterie territoriale) (10) soit 31 %.
Les autres servaient dans l’artillerie (4), la marine (3) , l’aviation (1).
Au cours de la guerre, les soldats pouvaient être mutés : ainsi, Jean-Ernest DARAGNES passe par le 34e RI, le 283e RI, le 220e RI et le 288e RI ; Félix Gratien Pascouau, venu du 49e RI, passe par le 34e RI et le 212 RI avant d’intégrer le 82ème RI. 24 soldats bidachots morts appartenaient à l'armée d'active (de 21 à 23 ans), 50 à la réserve de l’armée d’active (24 à 34 ans), et 12 à l'armée territoriale (35 - 41 ans) et sa réserve (42 à 48 ans).
Quel grade avaient les soldats bidachots ?
La plupart sont soldats 2e classe dans l’infanterie soit 
71 ; complètent la liste : 1 sous lieutenant,1 sergent, 3 adjudants, 4 caporaux, 5 soldats 1ère classe ; pour l’artillerie : 1 brigadier, 2 canonniers servant et 1 canonnier conducteur ; pour la marine : un quartier maître, un matelot chauffeur, un matelot ; pour l’aviation : 1 lieutenant pilote. 

Emplacement de leur garnison
Les garnisons les plus représentées appartiennent à la 18ème régionmilitaire (dont Bidache fait partie) qui alimentera le 18ème corps d’armée intégré à la IIème armée au début de la guerre :
12e et 212e RI : Tarbes 18e RI et 218e RI : Pau (Saint Jean Pied de Port centre de recrutement) 34e et 234 RI : Mont de Marsan 49e RI, 249e RI et 142e RI : Bayonne 3e RIC 

 

Carte soldats bidachots morts à l'étranger

La mort au combat des soldats bidachots

Graphique âge de la mort des soldats bidachots

Graphique soldats bidachots morts ou disparus

Parcours militaire

Tableau d'affectation

 

Les prénoms des soldats Bidachots sur le Monument aux Morts
Un certain nombre (25) de prénoms de soldats inscrits sur le Monument aux Morts de Bidache ne correspondent pas à ceux inscrits sur leur fiche de matricule militaire conservée aux Archives
départementales des Pyrénées Atlantiques. Ce n'est pas propre à Bidache, les erreurs concernant les noms ou prénoms sont fréquentes sur les Monuments aux Morts de 1914-1918.

Les raisons sont diverses : homonymie, erreur de transcription, prénom usuel différent de celui de l'Etat-Civil (la fiche matricule possède d'ailleurs une mention surnom à remplir éventuellement), choix entre deux prénoms. Jeanty (pour Jean à l’Etat-Civil) Bernatets , Jacques (Bernard) Dachary, Joseph (Amédée) Dirassen, etc. sont des exemples.
Lieu de naissance et domiciliation 

85% (73 sur 86) d’entre eux sont nés à Bidache. Les autres lieux de naissance sont Arraute-Charritte, Mtde-Marsan, Orègue, Paris VII°, Bidart, Came (3), Bardos (3), Guiche, Arcachon. D’après le registre militaire, ils sont 63 % à habiter dans la commune.
Année de naissance
Les années extrêmes de naissance sont 1898 et 1871 (1 mort pour chacune). L’année moyenne de naissance est 1887. Les deux années de naissance les plus représentées sont 1892 (9 décès) et 1895 (8 décès).
Pourcentage de morts par rapport à la population totale de Bidache
La commune de Bidache comptait 2 169 habitants selon le recensement de 1911. Les 86 morts représentent 3,9 % de la population totale. Si l’on ne prend en compte que les pertes militaires durant le conflit, la proportion calculée pour Bidache est presque conforme au pourcentage national qui est de 3,5 %.
Situation de famille
20 soldats étaient mariés, soit 23 % du total. On remarque la présence de 7 fratries dans la liste du Monument aux Morts : ANDRIEU Jean-Baptiste et Joseph (morts à 23 et 21 ans), CANTAU Jean-Baptiste (Jean) et Victor (32 et 20 ans), HAURIE Luc et Vincent (35 et 30 ans), LABACHOT Jean et Léon (29 et 34 ans),
LARRE Jean-Baptiste et François (25 et 23 ans), LISSONDE Louis et Pierre (26 et 21 ans), PASCOUAU Léon (Étienne) et Félix Gratien (31 et 21 ans).
Métiers des soldats
Plus de métiers que de soldats sont relevés car certains exercent deux activités. Ainsi, Luc Haurie est tailleur de pierres et facteur, alors que Pierre Marimpouy est cultivateur et cantonnier.
Dans une commune rurale, il est normal de trouver la profession de cultivateur/laboureur dominante avec un effectif de 48 soldats, soit 56% du total. Autre spécificité de Bidache et du secteur qui apparaît dans les métiers exercés, le nombre important (11) de tailleurs de pierres, illustrant aussi une forte proportion d’artisans (25) : avec aussi 3 charpentiers, 2 charcutiers, 2 boulangers, 1 mécanicien, 1 menuisier, 1 maréchal-ferrant, 1 forgeron, 1 meunier, 1 chaisier, 1 électricien. Agriculteurs et artisans, auxquels on peut ajouter les 4 manoeuvres et le domestique, représentent près de 85 % de l’ensemble des métiers exercés. 2 étudiants en droit et en lettres, 1 musicien, 1 instituteur, 2 facteurs et 1 industriel complètent le total.
Enfin, certains se sont engagés volontairement dans l’Armée de Terre ou dans la Marine avant-guerre, comme Pierre Garat matelot sur le Bouvet ou le benjamin Léon Chabay, ou encore Louis Boilley, enfant de troupe, qui a renouvelé plusieurs fois depuis 1890 son engagement.
Métiers des parents
Les mères sont « ménagères », soit femmes au foyer. Seules 6 échappent à la règle : 3 sont couturières, 2 domestiques et 1 « sans profession ». Les métiers des soldats se rapprochent beaucoup de ceux de leur père. C’est le cas chez les cultivateurs/ laboureurs. Ailleurs aussi la transmission familiale se traduit : ainsi le père de l’engagé volontaire, ancien enfant de troupe Louis Boilley, est gendarme à cheval. Ou encore, sur les 8 pères tailleurs de pierres, nous trouvons 5 fils qui exercent le même métier. Il n’est donc pas étonnant d’observer pratiquement la même proportion dominante d’agriculteurs (51 sur 86, soit 59 %), avec un peu plus d’artisans et moins de services.

 

 

Origines familiales

Parcours personnel

Quelques destinées de soldats bidachots

Marcel (Jean) Duro

142 RIT

François Dartiguelongue et Baptiste Notary
François Dartiguelongue était manoeuvre dans le civil et avait 31 ans. Baptiste Notary avait 28 ans et exerçait la profession de cultivateur. Tous deux appartenaient au 3e Régiment d’Infanterie Coloniale qui combattit d'abord pendant plusieurs mois sur le front français avant d’être chargé, au début de l'année 1916, d'aller renforcer à Salonique (aujourd'hui Thessalonique), ville grecque du Nord de la Mer Égée, les Forces Françaises d'Orient. Ils avaient embarqué à bord du vapeur français Provence II (II, pour ne pas le
confondre avec un croiseur du même nom) de la Compagnie Générale Transatlantique que la Marine avait transformé en croiseur auxiliaire servant au transport des troupes, avec un équipement de cinq canons. Lancé en 1905, ce navire gigantesque pour l’époque, pouvant transporter 1 504 passagers, et fonctionnant avec 456 membres d’équipage, assurait depuis 1906 la liaison le Havre-New-York. C’est surchargé que le paquebot appareillait de Toulon le 16 février 1916 : beaucoup plus d'hommes que prévu furent embarqués, dont 1 715 soldats de l'Armée de terre. Ces derniers provenaient presque tous du 3e R.I.C qui emmenait avec lui 160 mulets et 80 chevaux. Le chargement du navire était complété par de grandes quantités de foin, 702 sacs de dépêches des postes anglaises, 30 flotteurs en tôle, 50 caisses contenant chacune 350 cartouches d'obus pour le navire le Poignard, le courrier postal de l'Armée navale et l'approvisionnement courant pour quelques bâtiments (fûts de pétrole, térébenthine…). Le 26 février 1916 à 15 h 01, alors que la Provence II naviguait au large de la Crète et du Cap Matapan, à l'extrémité Sud du Péloponnèse, une énorme explosion se fit entendre à tribord. Une torpille lancée par le sousmarin allemand U-35 venait de toucher le navire. En l’espace de 14 minutes, le navire coulait, emportant avec lui 1 100 soldats et marins dont nos deux soldats bidachots portés disparus, soit environ la moitié des 2 156 hommes embarqués à Toulon.

 

Croiseur Auxiliaire La Provence II