EXPOSITION RÉALISÉE PAR LES ÉLÈVES DES CLASSES DE TROISIÈME DU COLLÈGE DU PAYS DE BIDACHE
ANNÉE SCOLAIRE 2013-2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES SOLDATS BIDACHOTS MORTS
PENDANT LA GRANDE GUERRE
1914-1918

 

Entre guerre de mouvement et de tranchées
Le mitrailleur Bidachot Joseph Lenguin

Les trois grandes phases militaires de la Grande Guerre (sur le front occidental) sont :
- La guerre de mouvement d’août à novembre 1914.

Fiche chronologique guerre de mouvement
- La guerre des tranchées (ou guerre de position) de fin 1914 à début 1918.

Fiche chronologique guerre de position
- La guerre de mouvement (ou Grandes Offensives) de mars 1918 à la fin de la guerre.

Fiche chronlogique Grandes Offensives

 

La guerre de mouvement est basée sur des déplacements rapides et nombreux lors des combats. Elle s’oppose à la guerre de position ou de tranchées.
Lors de la première phase de la guerre de mouvement, 26 soldats bidachots sont morts entre le 14 août (mort de Joseph ANDRIEU) et le 4 novembre 1914 (mort de Pierre MARIMPOUY). Cela représente 30,2% de soldats bidachots morts pendant la Grande Guerre pour seulement trois mois de combats. Cette phase se révèle donc extrêmement meurtrière. Le 21 septembre apparaît comme un jour particulièrement sombre puisqu’il voit disparaître cinq Bidachots. Quatre d’entre eux tombent à Craonnelle dans l’Aisne : il s’agit de Vincent HAURIE, Louis LAHORGUE, Louis LAUSSADE, Etienne PASCOUAU, tous intégrés au 249e RI, régiment de réserve du 49e RI, basés à Bayonne. Louis LISSONDE disparaît, quant à lui, à La Courtine dans la Marne. Une nouvelle phase de guerre de mouvement intervient à la fin du conflit avec la reprise des offensives par les Allemands le 21 mars 1918. Neuf Bidachots disparaissent entre le 27 mai (François LARRE à Dickebusch en Belgique) et le 6 octobre (Jean-Baptiste ANDRIEU à St-Pierre-A-Arnes dans les Ardennes). Ils représentent 10,5% des morts bidachots pour huit mois de conflits. Cette deuxième phase de guerre de mouvement apparaît donc proportionnellement moins meutrière que les premiers mois de guerre.

La guerre de tranchées :  dès 1914, pour se protéger des tirs et de la vision de l’ennemi, les soldats se réfugient dans des trous d’obus et creusent des abris de fortune qui, reliés entre eux, forment les tranchées. Au fil des mois, les tranchées sont consolidées. Les tranchées sont composées de plusieurs lignes reliées par des « boyaux » sinueux : • La première ligne est la plus exposée et les
soldats y étaient (théoriquement) régulièrement relevés. • 70 à 100 m derrière la première ligne, une seconde ligne sert de repli et d’appui ou de base pour une contre-attaque. • De 150 m à parfois 2 km de la première ligne, une tranchée de réserve était en théorie plus sûre, servant de chemin de ravitaillement, ou de chemin de retraite. Cette zone était néanmoins souvent exposée à l’artillerie ennemie à longue portée. Fréquemment, il ne s’agissait pas d’une vraie tranchée mais d’une zone de stockage de vivres, matériels et munitions, plus ou moins protégée ou fortifiée, où les soldats pouvaient aussi prendre un peu de repos. • Une zone de 50 à 200 mètres sépare les deux tranchées ennemies, le no-man's land. Les poilus vivent dans la peur, le froid, le manque d'hygiène et subissent les difficultés des ravitaillements. Leur vie quotidienne était difficile, ils devaient lutter contre la boue et les intempéries qui fragilisaient les tranchées, il fallait constamment déblayer. Les toiles de tentes de leurs prédécesseurs 
servaient à cacher la vue des débris humains. L'attente faisait partie intégrante de la vie des soldats, mais le combat était plus rare. Pour garder le moral, les liens maintenus avec l’arrière étaient très importants. 43 soldats bidachots sont morts pendant la deuxième phase de la Première Guerre mondiale sur le front occidental, soit 50% des soldats mentionnés sur le monument aux morts de Bidache. C’est proportionnellement beaucoup moins que pendant les premiers mois de guerre de mouvement : on comptabilise ici un peu plus d’un mort par mois contre entre huit et neuf d’août à novembre 1914.

Chaque bataillon de l’infanterie comprend une section de mitrailleuses composée de 25 soldats. Nous voyons sur la photo, surmonté d’une croix, le fusilier mitrailleur Joseph Lenguin de Bidache incorporé à l’âge de 20 ans en 1915 dans le 18e RI, puis passé ensuite en 1916 dans le 342e RI, régiment crée à Bayonne à partir du 15 mai 1915. Joseph ne tarde pas à montrer sa bravoure. Le 23 août 1916, il enlève avec son régiment une position allemande dans le secteur de Verdun, faisant 300 prisonniers dont 9 officiers. Le 10 février 1917, il fait à nouveau parler de lui, puisqu’il est cité à l’ordre de la 63e brigade : « Fusilier mitrailleur très courageux. Est monté sur le parapet au moment d’une attaque et en marchant accompagnait de son feu la progression dans les boyaux d’une équipe de grenadiers. » Il reçoit pour ses faits d’armes la croix de guerre avec étoile de bronze. Blessé en 1917 sur le front de Verdun par des éclats d’obus, il reviendra mutilé (bras gauche et jambe droite) à Bidache (Photo à l’hôpital de Carcassonne). Sa fiancée l’a attendu, et ils se marieront. Il ne pourra plus exercer son métier de maçon, deviendra commis de perception puis passera le concours de secrétaire de mairie et exercera à Bidache.

 

 

 

 

 

 

 

 

                               Photo Hôpital de Carcassonne

 

Le fusiller marin bidachot Jean-Baptiste Cailleba

Jean-Baptiste Cailleba est né le 6 décembre 1891 à Bidache. Issu d’une famille modeste (son père est tailleur de pierre, sa mère ménagère) de 9 enfants, il s’engage très jeune dans la marine marchande comme mousse. Lors d’un voyage à destination de Buenos-Aires, il tombe malade, victime d’une grave affection des poumons. Son navire repart sans lui, son capitaine l’abandonnant dans un hôpital de la capitale argentine. Il est alors soigné par des religieuses issues de la diaspora basque qui l’entourent de tous leurs soins. Rétabli quelques mois plus tard, il revient en France, retrouve son navire et poursuit ses navigations au long cours. Le jeune homme a du caractère. Lorsque la guerre éclate, en tant qu’inscrit maritime il est affecté logiquement dans la Marine. Mais celleci disposant d'un surplus d'effectif de plusieurs milliers d'hommes qu'elle ne peut pas utiliser à bord de ses bâtiments crée une brigade de fusiliers marins dans laquelle se retrouve Jean-Baptiste. (voir photo, soldat de droite) Cette brigade a pour première mission de défendre Paris et sa banlieue, puis en octobre 1914, elle est envoyée sur le front des Flandres pour soutenir l’armée belge face aux assauts allemands. L’ordre est de tenir la ville de Dixmude pendant 4 jours avant l’arrivée de renforts, face à un ennemi trois fois plus nombreux. Les défenseurs tiendront trois semaines mais seront contraints de se replier après des combats qui se terminent en corps à corps à la baïonnette ou au couteau. Les pertes sont effroyables : la moitié des hommes sont morts ou hors de combat. Le sacrifice de la brigade aura un grand retentissement en France. Le bidachot Jean Weber raconte, dans un chapitre de son dernier ouvrage, cet épisode tragique vécu par son grand-oncle, Jean-Baptiste Cailleba. Voir extrait La malédiction du cochon 

 

 

Une famille bidachotte dans la Grande Guerre

Joseph Andrieu

Jean Baptiste Andrieu

La famille ANDRIEU habite Bidache à la ferme Hinguety de Bas. Les parents, Pierre et Jeanne, sont laboureurs. Ils ont six enfants : Victor (né en 1890), Joseph (1893), Jean-Baptiste (1895), Paul (1897), Marie (1899) et Louis (1903). Les quatre fils les plus âgés sont mobilisés dans l’armée durant la guerre. Juste après deux ans de service militaire, Victor sert comme pontonnier dans le Génie durant les cinq années de guerre. Paul est dispensé des unités combattantes en raison d’un état de santé défaillant (« musculature insuffisante »). Il est incorporé en 1916 d’abord dans les services auxiliaires du 49e RI, puis d’autres régiments (Les hommes exerçaient un emploi militaire ou civil, en fonction de leurs compétences professionnelles : fabrication et réparation de matériel, hôpitaux, magasins d’équipement, transports, bureaux des administrations militaires, dépôts des troupes, etc.). Le sort en est tout autre pour les deux autres frères. La famille Andrieu sera marquée à jamais par l’épreuve de la perte de deux de ses enfants. Quand la guerre éclate en 1914, Joseph, forgeron de son état, fait son service militaire dans le 81e RI. Il est le premier soldat bidachot à tomber au champ d’honneur, le 14 août 1914 à Lunéville, à 21 ans. « Présumé tué », son corps ne sera pas retrouvé. Jean-Baptiste est mobilisé à 20 ans en 1915 dans le 123e RI, puis il passe dans le 19e RI. Il trouve la mort dans les combats de Champagne le 06 octobre 1918, un mois avant la fin de la guerre. Il repose dans la Nécropole Nationale d’Orfeuil sur la commune de Semide, département des Ardennes. Jean-Baptiste a eu l’honneur d’être cité à deux reprises à l’ordre de son régiment pour des actions d’éclat : le 8 novembre 1916 et le 14 avril 1918. Il a reçu la médaille militaire (croix de guerre avec étoile d’argent) pour sa « bravoure réputée » à titre posthume en 1920 (voir document).